Dichotomie, par Forest

Le sourire d’un enfant
Trésor de la vie
Est étrange sur le visage d’un adulte
Mais tu aimes toujours le regarder

Une voix un peu trop aigüe
Des pieds sautillants
Des bras grands ouverts
Pour faire des câlins à la terre entière

Comment regarder
Quelqu’un dans les yeux
Et accepter
D’y voir le mensonge
Pour se convaincre
D’avoir raison

Réflexions pas trop profondes
De ce qu’est la vie
De ce qu’est mon monde
Tant que je t’écoute
Je vais bien

Je vomis mon espoir
Comprendrais tu si je t’expliquai
Qu’aimer provoque des erreurs

Complaisance dans l’ignorance
La sécurité est à ma portée
Rien ne peut m’arriver
Quand je m’accroche à ta main
Tout va bien

N’entends tu pas
Dans la nuit
Le murmure poignant de la peur
Qui m’étrangle

Ne tourne pas la poignée
Je te l’ai déjà dit
Je ne veux pas te laisser voir
Le cimetière de mes illusions

Ressasser les souvenirs
De ce que j’ai un jour été
Tant que tu peux me regarder dormir
Tu vas bien

Le crochet des souvenirs
N’est plus dans ma main
Mais tu le portes tous les jours
Pour me perforer l’esprit

Enfant dans un corps d’adulte
Adulte sans corps d’enfant
Si l’ignorance et l’innocence composent la vie
Au moins tu t’en porteras mieux
Prêt à être le héro d’un conte sans fées

Peux-tu imaginer
Que je n’ai pas inventé ma douleur
Mais que tu l’as fait pour moi
Pourrais tu un jour
Sortir de ta tête
Et voir
Le massacre du dénis
Le meurtre de la foi
La chute de l’admiration

La voix de la raison
S’est perdue
Sur le chemin des miroirs

Réveille toi
Je t’appelle du haut de ma tour névrosée
Regarde moi
Je m’écroule à tes pieds
Écoute moi
Je cris jusqu’à te transpercer

Une étreinte
Le protecteur des faible qui se repent
Je vais mieux

La folie me guette
Je frissonne
Tu dois bien la voir toi aussi
L’absence de vie
Qui t’empoisonne

Un manteau bien rangé
À la chaleur d’un placard
Ma maison est une ville
Soleil de la nuit
Lune du jour
Tout va mieux

Tu m’as transformé en animal
Tu m’as fait perdre la tête
Lorsque tout le monde dort
La rage m’emporte
De ne pas pouvoir me briser le cou
De ne pas pouvoir enflammer ma cage de velours
De ne pas pouvoir m’enfuir
Et courir sur le béton
Qui me déchirerait la peau

Me permettrais tu de te découper le cœur
Et d’y manger la pierre du temps?
La fièvre de l’enfance
Te ferai goûter à la douceur de la vie
Dans le désastre des âges

L’oxygène est contenu au creux de ta main
La nourriture se puise dans tes paroles
La passion s’exerce quand tu dors
Là où tout s’entend
Tu vas mieux

Est-ce que tu comprendras
Tes erreurs
Le jour où tu tiendras
Des cendre

Les porteras tu
Auprès de toi
En prétendant
M’avoir écouté
Ou les jetteras tu
Dans l’océan
Pour noyer
Ta culpabilité

Ô maitres
Je m’abandonne à vous
Faites de moi ce que vous voulez
Ô omniscients
Dites moi qui je suis

Il ne faudrait pas
Laisser
La fenêtre
Ouverte

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