Kidnapping #3, par Gabrielle Legault

Des mains m’agrippèrent par les sangles de mon sac à dos. Des gens chuchotèrent, d’autres recouvrirent mes yeux. Ils étaient nombreux. Mes souliers crissèrent sur le sol pendant qu’ils me trainaient à travers le couloir. 

 Mes ravisseurs claquèrent la porte derrière eux et la pièce redevint dans la pénombre totale. Peu importe la direction dans laquelle j’essayais d’avancer, je rencontrais un torse qui me bloquait le passage.  

— Sérieux ? Ça fait trois fois que je me fais kidnapper cette semaine ! 

— Tu ne nous as pas laissé le choix, affirma une voix. Tu t’es enfui de l’autobus et la fois d’avant tu as prétendu être malade…  

J’entendis un clic et une vieille ampoule au plafond s’alluma péniblement dans un crépitement douteux.  

— Faites juste me dire pourquoi je suis ici ! Je n’ai rien à me reprocher.  

Quelqu’un me prit l’épaule par-derrière afin de me retourner face à son visage faiblement éclairé.  

— Nous avons essayé. Plusieurs fois. Mais tu ne réponds pas à nos demandes ! 

— Ouais, un mur est plus réceptif que toi ! ajouta la première voix.  

— Très bien, je vais répondre à vos exigences sans chigner.  

— D’accord, donc… 

— Est-ce qu’on est vraiment obligé de faire ça ici, repris-je. Je ne sais pas, c’est sombre et petit. Vous savez que je suis un peu claustrophobe !  

— Ça va prendre deux secondes si t’arrêtes de nous interrompre !  

— C’est une intervention nécessaire… On ne peut pas te laisser faire. Question d’hygiène.  

Je me reculai dans une étagère qui trembla à mon contact. Un nuage de poussière me chatouilla le nez.  

— Oui, parlons-en… Est-ce qu’ils font souvent le ménage ici ? Je suis également allergique à la poussière, ça ne va pas du tout… Je sens les éternuements arriver.  

Je ne vis pas venir le coup sur mon épaule.    

— Aïe ! Mais c’était quoi ça ? m’écriai-je.  

Quelque chose tomba sur le sol et me fit sursauter. 

— Mon sac d’école, répondit l’assaillant.  

— Tu mets des briques dedans ou quoi ? 

— Non, juste mes manuels de science.  

Je massai mon membre endolori.  

— Toujours su que la chimie allait me tuer un jour… 

— Tu es si dramatique ! 

— Si tu coopères, on n’aura pas à utiliser la force. Je sais que t’as un TDAH non diagnostiqué, donc on s’est mis d’accord qu’ici serait le meilleur endroit pour parler du problème. 

— Quel problème ? 

— Ton chandail : tu ne l’as pas changé depuis des jours. Il sent terriblement mauvais ! S’il te plait, change-le.  

— Brûle-le.  

— On ne serait pas tes amis si on ne te le disait pas.  

On me lança à la figure un chandail de sport propre. Ils se postèrent à l’extérieur du placard du concierge afin de s’assurer que leurs demandes soient respectées.  

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